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Le rail en Europe : hausse du trafic voyageurs, baisse du trafic fret

Le transport ferroviaire de voyageurs en Europe poursuit une dynamique de croissance solide, dépassant désormais les niveaux observés avant la pandémie.

Le rail en Europe : hausse du trafic voyageurs, baisse du trafic fret

Selon la dernière édition du rapport d’Eurostat sur les transports européens, l’année 2024 marque une étape importante : les Européens voyagent davantage en train, tant sur les liaisons nationales qu’internationales, confirmant une tendance de fond en faveur de la mobilité durable.

En 2024, les États membres de l’Union européenne — à l’exception de la Belgique, dont les données n’étaient pas disponibles — ont enregistré 8,3 milliards de voyageurs sur les lignes intérieures, auxquels s’ajoutent 150 millions de voyageurs internationaux. En termes de trafic, cela représente 443 milliards de voyageurs-kilomètres, soit une progression de 5,8 % par rapport à 2023. Plus significatif encore, ce volume dépasse celui de 2019, dernière année de référence avant la crise sanitaire.

Rapporté à la population, le trafic ferroviaire atteint en moyenne 958 km par habitant pour les déplacements domestiques et 53 km par habitant pour les trajets internationaux. Les pays les plus performants sont la Hongrie (1 513 km par habitant), l’Autriche (1 493 km) et la France (1 442 km), qui affichent des niveaux d’usage nettement supérieurs à la moyenne européenne. À l’inverse, la Grèce se situe en queue de classement avec seulement 70 km par habitant. La Roumanie, quant à elle, reste nettement en retrait, loin derrière les leaders européens, confirmant un écart structurel persistant en matière d’attractivité et de performance du rail voyageurs.

La part modale du rail dans le transport de voyageurs varie fortement selon les pays. En 2023, les Pays-Bas et l’Autriche se distinguent avec une part supérieure à 10 %, illustrant des réseaux denses, fiables et bien intégrés. Cette diversité reflète les différences nationales en matière d’investissements, de politiques publiques et de qualité de service.

En revanche, le tableau est beaucoup moins favorable pour le transport ferroviaire de marchandises. En 2023, le rail ne représente que 5,5 % du transport total de fret dans l’Union européenne, mesuré en tonnes-kilomètres. La domination du maritime (67,4 %) et de la route (25,3 %) reste écrasante. Après une baisse progressive entre 2013 (5,7 %) et 2020 (5,2 %), la part du rail s’est légèrement redressée, mais demeure faible. Le secteur peine donc à inverser la tendance, malgré les ambitions européennes en matière de report modal et de décarbonation.

En volume absolu, l’Allemagne reste de loin le premier marché du fret ferroviaire en 2024, avec 126 milliards de tonnes-kilomètres, soit plus d’un tiers du total européen (hors Belgique). Elle est suivie par la Pologne (56,7 milliards) et la France (32,2 milliards). Sur la décennie 20142024, les évolutions nationales sont contrastées : la Bulgarie (+65 %), la Croatie (+55,4 %), l’Italie (+26,5 %) et la Pologne (+19,5 %) affichent des progressions notables. À l’opposé, les États baltes enregistrent des chutes spectaculaires, liées notamment à la réorientation des flux logistiques après 2022 : –82 % en Lettonie, –81,7 % en Estonie et –58,7 % en Lituanie.

Ainsi, si le rail voyageurs connaît un véritable renouveau en Europe, le fret ferroviaire reste confronté à des défis structurels majeurs. La transition vers un transport plus durable progresse, mais de manière très inégale selon les segments et les pays.

Auteur: Frédéric de Kemmeter

www.mediarail.wordpress.com

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