SNCF. Les petites lignes menacées dans plusieurs régions
Malgré les promesses du gouvernement, les petites lignes de train sont sur la sellette dans plusieurs régions. L’Occitanie et la Nouvelle Aquitaine notamment alertent sur le coût trop élevé que demande SNCF Réseau pour rénover des lignes, qui risquent d’être fermées.
Édouard Philippe avait promis qu’aucune fermeture n’était prévue pour les petites lignes, alors que le rapport Spinetta voulait en mettre à l’arrêt 9 000. Quelques mois après le vote de la réforme de la SNCF, l’avenir de certaines liaisons demeure incertain.
La situation est même tendue en Occitanie : lors d’une réunion au Conseil régional le 17 octobre dernier, les syndicats de cheminots, les élus et SNCF Réseau se sont écharpés sur les devis de rénovation des petites lignes de la région.
Les sommes demandées par l’entreprise sont supérieures à ce que la région peut payer. Les syndicats ont accusé SNCF Réseau de « sabotage », ainsi que le raconte France 3 Régions Occitanie, ce que l’entreprise a contesté. Résultat, 40 % des petites lignes de la région seraient menacées de fermeture d’ici 2021 si elles ne sont pas restaurées.
Entretien trop coûteux
« Nous voulons qu’elles survivent, mais il faut que SNCF Réseau nous présente un devis beaucoup moins élevé et un calendrier de réalisation plus rapide », a déclaré Jean-Luc Gibelin, vice-président aux Transports au conseil régional d’Occitanie, sur le site de Marianne.
En Nouvelle-Aquitaine aussi l’inquiétude est de mise. Renaud Lagrave, vice-président de la région, met en garde : « À l’heure actuelle, on ne met plus un euro sur les routes en Nouvelle-Aquitaine, et tout sur le ferroviaire. Et rien que ça, ça ne suffit pas ! » Les mêmes débats sur les devis se sont tenus début octobre, alors que trois lignes ont déjà été fermées au printemps.
L’entretien des petites lignes ferroviaires est confié aux régions. Elles doivent s’accorder avec SNCF Réseau, qui détient encore le monopole sur ce secteur. Beaucoup se sont dégradées au fil des années et le coût de leur rénovation, comparé à leur fréquentation, avait fait dire à Jean-Cyril Spinetta qu’il était plus rentable de les fermer. Mais les collectivités tiennent à leur desserte ferroviaire, au nom de l’égalité de l’aménagement du territoire. Une gageure en ces temps de restrictions budgétaires.
Source: Ouest France

