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Avec le Space Train, Paris‑Le Havre à 720 km/h

Avec le Space Train, Paris‑Le Havre à 720 km/h

Quinze ingénieurs d’Orléans ont ressorti des tiroirs le projet d’Aérotrain abandonné dans les années 1960. Ils l’ont modernisé et renommé Space Train, pour des performances incroyables.

Avec les voitures qui volent, c’est le véhicule futuriste que l’on imaginait il y a trente ans quand on rêvait des années 2000. Il y a un an une petite équipe de quinze ingénieurs près d’Orléans a ressorti des cartons l’Aérotrain conçu dans les années 1960 et 1970 par l’ingénieur Jean Bertin.

Georges Pompidou y a cru au point de faire construire 18 km de voies pour les essais au nord d’Orléans. Et puis Valéry Giscard d’Estaing a préféré le TGV qui pouvait reprendre le réseau ferroviaire classique.

Des pointes à 720 km/h

Plus de 50 ans plus tard, une start-up française, qui travaille pour la robotique et l’aéronautique, est repartie des brevets d’aérotrain pour imaginer le Space Train. Avec des performances sidérantes : une vitesse moyenne de 500 km/h et des pointes de 720 km/h permettant de relier Paris-Rouen-Le Havre distant de 225 km en 17 minutes au lieu de 145 aujourd’hui, Rouen au Havre et Le Havre à Dieppe en 5 minutes.

« Le Space Train est une navette sans roues, sustentée par de l’air, propulsé par des moteurs linéaires asynchrones (à induction) qui créent un champ magnétique avec les plaques métalliques posées sur la voie, présente Emeuric Gleizes, dirigeant de la start-up. C’est un monomoteur de 60, 150 ou 250 places sur un monorail en T inversé de 3,40 m de large et 90 cm de haut. Le moteur alimenté par des piles à combustible, donc sans émission de CO2, a une autonomie de 600 km. »

Les premiers tests ont été concluants. Deux prototypes seront construits l’an prochain et testés en 2020 sur le monorail en viaduc à 10 m du sol dans le Loiret. « Il n’a plus servi depuis les années 1960 mais la structure en béton est encore intacte. Il faut 10 millions d’euros pour le remettre en service sur 10 km. »

Moins cher que le TGV

Cinquante ans après, Emeuric Gleizes y croit : « C’est un peu projet peu coûteux, qui ne pollue pas. Il a fait ses preuves et est réalisable. »

Les ingénieurs sont partis de l’Aérotrain : « On a repris l’idée des coussins d’air. Mais c’est un nouveau concept qui bénéficie de 50 ans de modernité. Les technologies, logiciels et calculs ont beaucoup progressé. Les défauts de l’aérotrain notamment la perte d’air, la motorisation, une traction avec un moteur à réaction… ont été corrigés. »

Pour ses concepteurs, le Space Train a un avenir notamment pour des régions comme la Normandie avec des trajets de 200 et 300 km. « Le coût du Space Train est de 10 millions d’euros le kilomètre, 2,5 fois moins que la Ligne à grande vitesse (LGV) qui est de 25 millions le kilomètre. Les régions comme l’Île-de-France et la Normandie, que nous allons contacter, recherche des solutions alternatives à la LGV qui est chère et pas pertinente sur des courtes distances. »

Dès 2025 ?

L’ouverture à la concurrence du ferroviaire peut-être aussi le bon moment. Les premières commercialisations du Space Train sont même envisagées en 2025. « Le billet du Space train serait 20 % moins cher qu’un billet SNCF », a déjà prévu Emeuric Gleizes.

Reste une difficulté de taille : il faut construire un nouveau réseau avec le monorail en T inversé. Emeuric Gleizes y a pensé : « La construction de ces lignes relève des collectivités et de SNCF réseau. Il y a trois possibilités : un nouveau passage à 6 mètres de hauteur entièrement en béton ou dans un alliage métallique. Avantage : quand on est à 6 mètres de hauteur, on ne paie de foncier, seulement un droit de passage. Ce qui limite les coûts de construction. Deuxième possibilité : longer les autoroutes. Et la troisième : remplacer les voies actuelles ou les recouvrir d’un alliage métallique. »

Source: Ouest France

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