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Trenitalia à Londres avec un dépôt à Paris ?

Le groupe ferroviaire public italien FS poursuit son ambition de lancer une liaison à grande vitesse entre Paris et Londres d’ici 2029 via le tunnel sous la Manche, par le biais de sa filiale bien connue Trenitalia.

Trenitalia à Londres avec un dépôt à Paris ?

L’initiative a été confortée par l’entrée au capital du fonds d’investissement américain Certares, qui a noué fin décembre un partenariat avec FS afin d’accélérer la croissance de Trenitalia France. Certares est un fonds d’investissement international spécialisé dans le voyage et le tourisme, gérant plus de 7 milliards de dollars d’actifs.

Le projet Paris-Londres se heurte à plusieurs défis techniques et réglementaires. L’un des principaux obstacles réside dans l’accès aux infrastructures britanniques, notamment au dépôt de Temple Mills, près de Londres, actuellement le seul site capable d’accueillir des rames compatibles avec les normes européennes exigées pour circuler dans le tunnel sous la Manche. La décision des autorités britanniques d’accorder la priorité à un autre concurrent, Virgin Trains, exclu Trenitalia d’un point stratégique de son dispositif opérationnel.

Pour contourner ce problème, Trenitalia pourrait inverser les choses en créant un nouveau centre de maintenance près de Paris plutôt qu’à Londres, réduisant ainsi la dépendance aux installations britanniques. Il n’en reste pas moins qu’à Londres, une à deux rames devraient être stationnées chaque soir pour les trains du lendemain. À moins de générer un horaire où il n’y aurait pas de trains matinaux au départ de Londres, pure hypothèse à ce stade.

Parallèlement, des adaptations techniques du matériel roulant sont envisagées afin de répondre aux exigences de sécurité, de signalisation et d’interopérabilité dans le tunnel sous la Manche et sur le réseau ferré britannique.

Trenitalia ambitionne ainsi d’être le premier nouvel entrant sur la liaison Paris–Londres, avec un lancement envisagé en 2029, avant celui de Virgin, prévu à priori en 2030. Trenitalia pourrait ne pas avoir trop de problème de calendrier sur son nouveau matériel roulant, car les rames serait tirées d’un contrat cadre, mais le groupe ne le précise pas. Méfions-nous malgré tout : beaucoup d’annonces ont été faites l’an dernier et il n’y a pas un seul exemple de délais respecté.

Le projet italien s’inscrit dans un contexte plus large d’ouverture à la concurrence que la législation européenne permet depuis 2010. Pour le groupe FS et sa filiale Trenitalia, la future liaison Paris–Londres représente bien plus qu’une nouvelle ligne : elle constitue un levier majeur de leur expansion européenne destiné avant tout à augmenter les revenus, raison d’être de l’internationalisation des opérateurs publics.

Auteur: Frédéric de Kemmeter

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