Mobilité urbaine : 2026, l’année du pragmatisme ?
À l’horizon 2026, la mobilité bascule dans une phase de consolidation.
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Après une décennie d’expérimentations parfois bruyantes, les acteurs publics comme privés se recentrent sur ce qui fonctionne réellement : des technologies arrivées à maturité, des services mieux intégrés et une adaptation accélérée aux contraintes physiques et climatiques.
Cinq tendances s’imposent désormais comme les piliers de la mobilité urbaine de demain :
1. L’IA, moteur en coulisse … mais décisif de l’efficacité opérationnelle
L’intelligence artificielle s’impose désormais comme l’alliée incontournable des opérateurs. Son apport dans la mobilité n’est peut-être pas spectaculaire aux yeux du grand public, mais il est structurant. Une part importante des incidents d’exploitation repose sur des processus répétitifs : portes capricieuses, gestion des interruptions, réalignement des équipes de maintenance. L’IA peut automatiser ces tâches, réduire les temps d’intervention et fiabiliser l’ensemble de la chaîne d’exploitation.
Au-delà du terrain, c’est tout l’appareil de gestion qui peut gagner en efficacité. Les systèmes de billettique, de planification RH, de gestion financière ou d’ingénierie fonctionnent encore selon des logiques complexes et peu harmonisées. L’IA, intégrée dans une plateforme de mobilité unifiée autour de cet écosystème de services, apporte un effet de simplification massif, offrant aux opérateurs la possibilité de concentrer leurs ressources sur ce qui compte vraiment : faire rouler les véhicules, organiser l’offre et accueillir les voyageurs. Nous ne sommes pourtant qu’au début de cette révolution silencieuse.
2. L’interopérabilité, colonne vertébrale des mobilités efficaces
L’intégration des modes de transport n’est pas une idée neuve, mais elle s’impose aujourd’hui comme un impératif. Dans les systèmes les plus aboutis, l’usager n’a plus à se demander quel titre acheter, sur quel support, ni comment passer d’un mode de transport à l’autre : l’interopérabilité, portée par une billettique unifiée et la digitalisation des supports, efface la complexité au profit d’une expérience fluide et continue. L’information est centralisée, les parcours simplifiés, la tarification compréhensible, et l’accès aux transports devient un réflexe naturel.
En France, si des avancées notables ont été réalisées, la marge de progression reste importante. La fragmentation institutionnelle, la diversité des opérateurs et la superposition des modèles tarifaires freinent encore l’émergence d’un cadre pleinement intégré. Pourtant, c’est précisément là que se joue la modernité la plus décisive : rendre les mobilités du quotidien simples, prévisibles et intuitives grâce à des solutions interopérables, dématérialisées et centrées sur l’usager. Dans un contexte où la voiture individuelle peut sembler la réponse la plus immédiate en termes de confort et de lisibilité, l’innovation consiste à proposer un trajet sans friction, où marche, vélo, bus, tram, train et métro s’enchaînent naturellement, portés par une expérience billettique fluide et sans rupture.
3. L’émergence du véhicule autonome en Europe
L’autonomie revient en force, mais avec un regard plus réaliste et une maturité nettement accrue. Après plusieurs années d’essais et d’expérimentations, le secteur a dépassé la seule démonstration technologique pour entrer dans une phase de déploiement opérationnel, notamment en Chine et aux États-Unis. En Europe, plusieurs déploiements sont attendus dès 2026 : d’une part, les robot-taxis dans les zones denses et semi-denses (par exemple à Londres), et d’autre part des services de transport autonome à la demande, conçus pour assurer une desserte fine et des trajets courts (MOIA à Hambourg, Ruter à Oslo). Dans certains pays, ces solutions s’inscrivent déjà en complément des réseaux publics existants, comme en Suisse avec CarPostal et ses véhicules automatisés. L’autonomie ne relève plus du prototype : elle devient une offre de mobilité structurée, pensée pour s’intégrer durablement aux écosystèmes de transport public.
Selon Mickaël Tauvel, Partner & Global Head of Mobility chez Arthur D. Little : « la montée en puissance de ces solutions ouvre une nouvelle équation économique : elles pourraient contribuer à réduire significativement les coûts d’exploitation, à renforcer la couverture des zones aujourd’hui insuffisamment desservies et, dans d’autres contextes, à optimiser certaines offres. Cette trajectoire suppose toutefois un cadre clair afin d’éviter des effets contre-productifs, notamment en matière de trafic. La régulation jouera un rôle central pour orienter les usages, définir des règles d’exploitation adaptées et s’assurer que l’autonomie soutienne les objectifs de mobilité collective »
4. L’urgence absolue de l’adaptation climatique
Les réseaux de transport sont de plus en plus souvent confrontés à des perturbations liées au climat. Inondations, fortes chaleurs, tensions sur l’alimentation électrique : ces épisodes entraînent des interventions rapides, mobilisent les équipes, génèrent des coûts supplémentaires et testent la robustesse des infrastructures. L’adaptation, longtemps abordée comme un sujet de long terme, devient un enjeu très concret pour les exploitants.
Cela implique de revoir les priorités d’investissement : sécurisation de l’alimentation énergétique, protection des points sensibles, dispositifs de refroidissement, amélioration de l’étanchéité de certains ouvrages. Les organisations doivent aussi s’ajuster : plus de ressources consacrées aux réparations, mise à jour des plans de continuité, adaptation des modalités d’exploitation en période de contrainte. Ces évolutions auront un impact budgétaire et devront être anticipés pour préserver le niveau de service.
Dans le même temps, la transition énergétique se poursuit à un rythme maîtrisé. L’électrification des bus progresse avec le renouvellement des flottes, ce qui étale les investissements et reste cohérent avec l’objectif de renforcer l’attractivité des transports collectifs pour réduire l’usage de la voiture.
5. La problématique des modèles de financements des transports
La question du financement des mobilités s’impose aujourd’hui comme un enjeu central. Confrontées aux effets durables de la crise sanitaire et à la pression inflationniste, les Autorités Organisatrices de la Mobilité et les opérateurs doivent désormais identifier et activer de nouveaux leviers financiers pour répondre à trois impératifs structurants :
1. Le report modal, notamment par le développement des transports collectifs et du rail ;
2. La transition énergétique, incluant le renouvellement des flottes et les investissements dans les équipements ;
3. La résilience face au changement climatique, tant en matière d’infrastructures que d’exploitation.
Dans ce contexte, des réflexions élargies sur la tarification, l’émergence de nouvelles fiscalités affectées (tel que le péage urbain) ainsi que le renforcement des partenariats public-privé, aussi bien pour l’investissement que pour l’exploitation, constituent des pistes concrètes pour mobiliser des ressources encore largement sous-exploitées.
« 2026 sera l’année du pragmatisme. La mobilité évoluera grâce à des technologies robustes, autonomes, boostées par l’IA et à une intégration beaucoup plus poussée des services. Mais les lois physiques demeurent implacables : outre la consommation d'espace, l'enjeu des modèles alternatifs de mobilité repose sur la consommation énergétique au kilomètre parcouru. Ces solutions techniquement faisables et réalistes supposent un arbitrage vers des modes très peu efficients en termes de ressources (spatiale, énergétique et donc économique), qui en font donc des solutions difficiles à imaginer à l'échelle. L’avenir appartient aux systèmes sobres, collectifs, intégrés. C’est là que se jouera la vraie modernité de la mobilité » déclare Gilles Trantoul, CMO de Matawan.
Matawan simplifie les déplacements du quotidien en connectant le transport collectif à tous les modes de mobilité. Grâce à la combinaison de solutions de billettique, monétique, qualité de service et pilotage de la donnée, sa plateforme SaaS (Software as a Service) contribue à améliorer le service à l’usager, voyager avec un seul titre de transport et réduire l’empreinte environnementale des trajets. Partenaire des municipalités et des opérateurs, Matawan agit quotidiennement au cœur des villes et des régions au profit d’une mobilité d’utilité publique, libre, inclusive et durable. Récompensée en 2024 pour sa croissance au Canada, Matawan poursuit son développement en Amérique du Nord.
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