Le futur anneau d’essais de Bobodilla
SI l’on continue aujourd’hui encore
mais beaucoup moins qu’hier, à utiliser
certains tronçons de lignes ferroviaires
en exploitation pour mener
à bien des essais portant sur des
équipements ou de nouveaux matériels
roulants, l’intensification des trafics tant
voyageurs que fret fait que certains pays
se tournent désormais vers une utilisation
programmée de centres d’essais sur sites
dédiés. Cette politique prônée par
nombre de constructeurs industriels de
par le monde, à abouti à la construction
de centres d’essais dans un certain
nombre de pays. La Russie a été pionnière
en la matière avec l’anneau d’essais de
Sherbinka qui date de 1932. Les plus
connus restent celui de Velim (Rép.
tchèque) construit en 1963 et ses 17,2 km
de voies, Wildenrath en Allemagne qui
aligne 24,5 km de voies ferrées, Petite
Forêt dans le nord de la France et ses
6,4 km et, enfin, le centre d’essais de Pueblo,
aux Etats-Unis, qui offre un ensemble
de 80 km de lignes.
Si la France avec Alstom et RFF, le gestionnaire
d’infrastructure, les pouvoirs
publics mais aussi des universités et des
industriels dont un grand nombre sont
localisés dans le Nord-Pas-de-Calais, là
où se situe le pôle ferroviaire français,
tentent depuis des années de faire aboutir
le projet de construction d’un nouvel
anneau d’essais non loin de l’actuel, à
Petite Forêt, pour y tester les diverses
composantes de la voie, c’est finalement
l’Espagne qui aura dès 2011, donné le
coup d’envoi de ce qui sera le centre
d’essais ferroviaire le plus grand et le
plus complet au monde.
Porté par l’ADIF, le gestionnaire espagnol
d’infrastructure ferroviaire, le projet
de nouveau centre d’essais qui verra le
jour en 2015, à 46 km à peine de Malaga,
dans le sud de l’Espagne, affiche des
ambitions qui ouvrent des perspectives
amitieuses pour l’industrie ferroviaire espagnole.
Présenté en février 2011 par le ministre
du Développement, José Bianco, et son
homologue du ministère des Sciences et
Innovations, Cristina Garmendia, le projet
de centre d’essais de Bobadilla repose
sur la mise en place d’un anneau d’essais
principal de 57,5 km de long à écartement
standard sur lequel pourront circuler
des trains à la vitesse maximale de
520 km/h. Il faut bien se rappeler qu’à
l’heure actuelle, la vitesse maximale pouvant
être atteinte est de 260 km/h, sur la
grande boucle de vitesse de Pueblo donc
aux normes AAR et non UIC. A Velim, les
trains peuvent circuler à 200 km/h voire
à 210 km/h en crête.
(suite dans le magazine)
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