Avec six mois d’avance sur le calendrier
prévu, les trains de banlieue
à 225 km/h ont commencé
à circuler le 29 juin sur la ligne à
grande vitesse Londres St Pancras-
Ebbsfleet-Ashford. Les journalistes et les
acteurs du dossier ont eu le privilège de
faire le voyage en avant-première le
18 juin, dans ce qui était la première circulation
avec voyageurs d’une rame à
grande vitesse Class 395.
Sur les 29 rames de cette série commandées
à Hitachi par l’exploitant Southeastern
(filiale commune de Go-Ahead et
Keolis), 18 ont été livrées et les 11 dernières
ont été expédiées du Japon par
bateau le 13 juin. Elles doivent arriver en
Angleterre courant août.
L’ouverture du service commercial est un
moment décisif pour Hitachi et pour
Southeastern, même si le service (baptisé
“aperçu”) ne prendra son aspect définitif
qu’en décembre. Dans un premier
temps, la circulation est limitée aux jours
ouvrables, avec une navette Londres-
Ebbsfleet toutes les demi-heures de 7 à
19 heures environ, sauf entre 11 et
13 heures (qui correspond encore au
“blanc-travaux” sur la ligne à grande vitesse).
Trois trains sont amorcés à Ashford
le matin, trois trains y retournent en
fin de service, ce qui permet accessoirement
aux Class 395 de rentrer au dépôt.
Hitachi assure en effet la maintenance
des trains à Ashford dans un bâtiment
construit pour l’occasion. Il faut 17 minutes
de Londres à Ebbsfleet, 37 minutes
jusqu’à Ashford.
Pour Hitachi, cette étape confirme la
qualité de ses rames – il fallait qu’elles
totalisent au moins 6 440 km sans incident
pour être autorisées au service commercial
– et lui permet d’envisager sereinement la conquête d’autres marchés en
Europe. De son côté, Southeastern se positionne
comme un acteur de poids
parmi les franchises britanniques, la seule
à être réellement confrontée au quotidien
aux exigences de la très grande vitesse. Et
le groupe SNCF concrétise, via une filiale
et sur le sol anglais, ce qu’il a bien du
mal à mettre en place “à domicile” lorsqu’il
n’est pas aiguillonné par une collectivité
locale : une vraie desserte régionale
à grande vitesse, avec du matériel et des
tarifs adaptés et une fréquence convenable.
Avec 6 A/R Lille-Boulogne seulement
et malgré ses dix ans d’ancienneté,
le “TER GV” du Nord-Pas de Calais paraît
largement surclassé…
Côté tarifs, sujet sur lequel Southeastern
était attendu au tournant, il faudra bien
sûr s’acquitter d’un supplément pour
voyager à 225 km/h. Ebbsfleet-Londres
coûtera ainsi 14,40 €, soit 3,65 € de
plus qu’en train “classique”. Mais on
peut aussi acheter ce supplément “à
l’unité” en complément d’un billet normal.
Pour les abonnés à la semaine, le
“complément” est vendu 25,10 €. Un
prix en rapport avec le temps économisé.
le service “SouthEastern Highspeed”
(son nom commercial définitif) permettra,
en effet, de gagner quelque 50 minutes
sur les trajets entre Londres et Ashford
et au-delà vers les villes côtières du
Kent. Sur les sections parcourues sur les
lignes classiques, cependant, les trains
“SouthEastern Highspeed” seront accessibles
aux mêmes conditions que les
autres. Reste à vérifier le moment venu
que le surcoût sera acceptable en période
de morosité économique. une bonne
partie de la clientèle sur ces axes est
constituée de cols blancs travaillant à la
City, plus susceptibles d’être mis au chômage
que de recevoir une augmentation
d’ici la fin de l’année.
(suite dans le magazine)